Dans cette 2eme partie, je voudrai prendre le temps d'expliquer brièvement ce que sont les règles d'un point de vue biologique. Il me semble important de comprendre un minimum ce mécanisme pour mieux se l'approprier. A mon sens, c'est le point de départ pour une meilleure connaissance de soi. Je vous rassure, je ne vais pas trop rentrer dans les détails (ce n'est pas mon domaine d'expertise!). Plutôt je voudrais vous proposer une vision générale de comment ça marche et des hormones impliquées.


Biologiquement parlant, la femme a une nature cyclique. Nos chers maris et la société en général sont d'ailleurs là pour bien nous le rappeler “ Tiens elle est bien irritable aujourd’hui, elle doit avoir ses règles”. Malheureusement, cette nature cyclique n’est pas reconnue à sa juste valeur. Elle est souvent mal perçue, subie ou encore rejetée. De la puberté à la ménopause, une femme connaîtra environ 500 cycles menstruels (avec des interruptions en cas de grossesse). Ce qui représente environ 3000 jours de menstruation. Ce n’est pas rien !

Les différentes phases du cycle menstruel.

  •  Le cycle menstruel se déroule sur une période approximative de 28 jours. Il y a parfois d’importantes variations de durée d’un cycle à un autre et d’une femme à l’autre. Stress, fatigue, manque de sommeil, mauvaise alimentation, mode de vie sédentaire, sont quelques uns des facteurs qui viennent jéopardiser la durée d’un cycle.
  • Cependant, quelle que soit la durée totale du cycle, les différentes phases qui le composent sont les mêmes.
  • Une petite précision : lorsque l’on est sous pilule (hormones artificielles) ou ménopausée, les nuances sont certainement plus fines, mais le cycle est bel et bien toujours présent et reste le même.
  • Le cycle de la femme est composé de deux phases principales (folliculaire/proliférative et lutéale/progestative) découpées par 2 moments clef (l’ovulation et la menstruation - lorsque  l’ovule n’a pas été fécondé).
  • Le premier jour d’un cycle correspond au premier jour des règles (1er jour de saignement).
  • La phase pré-ovulatoire (proliférative ou folliculaire)
  • Cette première partie du cycle va de la menstruation à l’ovulation.
  • Elle dure environ 10 jours (pour un cycle régulier de 28 jours).
  • On parle aussi de phase proliférative, car les follicules présents dans les ovaires et contenant les ovules vont se développer.
  • Au 14ème jour, un follicule qui arrive à maturité va émettre un ovule qui va ainsi sortir de l’ovaire. C’est l’ovulation.
  • La phase post-ovulatoire (progestative ou lutéale)
  • Cette deuxième phase va de l’ovulation à la menstruation.
  • Cette phase est assez constante d’un cycle à l’autre, avec une durée de 14 jours. (des cycles plus longs ou plus courts sont dûs à une phase pré-ovulatoire plus longue ou plus courte)
  • On parle aussi de phase sécrétoire car l’endomètre (paroi de l’utérus) secrète ce qui est nécessaire pour une éventuelle grossesse. 

Selon les femmes, le passage d’une phase à une autre est vécu de manière plus ou moins intense et avec plus ou moins de symptômes désagréables. Souvent ces symptômes ne sont que des signaux que notre corps nous envoie pour nous signaler un déséquilibre hormonal.

Les hormones  et notre système endocrinien

Définition

Le système endocrinien est système puissant et élégamment complexe. Il est constitué par un ensemble de glandes. Chacune sécrète un type d’hormones qui régule une partie spécifique du corps. Nos hormones sont une sorte de messagers chimiques. Elles circulent par le sang, et dictent aux différentes parties de notre corps (reins, foie, système digestif, système nerveux, système reproductif) ce qu’elles doivent faire. Elles affectent notre métabolisme, notre capacité à penser clairement, nos humeurs, l’état de notre peau et de nos ongles, notre libido, notre niveau d’énergie, notre sensation de faim, notre cycle menstruel… Elles jouent un rôle clé dans de nombreuses conditions: acné, cheveux gras, pellicules, peau sèche, crampes, maux de tête, irritabilité, exhaustion, constipation, cycles irréguliers, insomnie, anxiété, prise de poids, fringales. On a souvent l’impression de faire face à des séries de symptômes au hasard, sans penser qu’ils sont en fait connectés les uns aux autres et liés à des déséquilibres hormonaux.

Outre la fonction de messagers chimiques, les hormones ont aussi un rôle d’auto-régulation. Quand notre corps est inondé de perturbateurs qui dérèglent le fonctionnement du système endocrinien (et c'est pas ce qui manque dans notre environnement d'aujourd'hui: boîtes en plastiques, boîtes de conserve, produits cosmétiques, l’air que l'on respire, l’eau que l'on boit, produits pharmaceutiques,  aliments issus d'une agriculture intensive bourrée de pesticides...), nos hormones essaient d’équilibrer les choses pour que ce dernier puisse continuer de fonctionner.

Nos hormones sont notre « woman code »

Nos hormones agissent sur nous en permanence tout au long de notre vie et dès in utero. Elles sont une sorte de code à l’intérieur de notre corps qui nous définit. Apprendre ce code, le parler et l’utiliser à bon escient est comme lire un manuel d’utilisation d’une machine. Une fois que l’on sait comment ça marche, on travaille de pair avec notre corps pour entretenir son bon fonctionnement. Plus les années passent, et plus je réalise les merveilles du corps humain. Quelle incroyable machinerie quand on y pense !

Il nous est donné une seule enveloppe physique dans cette vie, alors autant apprendre à la connaître, la décoder et la chérir ! Si la nature est bien faite et le corps sait se soigner par lui même à de nombreux niveaux, il est de notre responsabilité d’assurer son bon fonctionnement. Si l’on veut vivre une vie riche et épanouissante et être la meilleure version de nous-même, il nous faut apprendre à vivre en harmonie avec son corps.

Le système reproductif et les hormones directement associées

Il y a toute une cascade hormonale qu’il est important de connaître pour mieux comprendre le cycle menstruel. 4 principales hormones sont directement impliquées dans le déroulement de notre cycle :

  • FSH (hormone folliculaire stimulante)
  • LH (hormone lutéinisante)
  • Oestrogènes
  • Progestérone.

evolution-des-concentrations-hormonalesL’activité des ovaires est contrôlée par deux hormones produites par le cerveau : l'hormone folliculo-stimulante FSH et l'hormone lutéinisante LH.

La FSH va stimuler les follicules pour qu’ils se développent et que l’un d’entre eux devienne mature. Elle va aussi favoriser la sécrétion d'oestrogènes par les ovaires. L’augmentation du taux d’oestrogènes dans le sang va entraîner une libération massive de LH qui entraîne la rupture du follicule dominant, et la libération de l’ovule mature par l’ovaire. C’est l’ovulation. Après cette étape, l’ovaire sécrète une autre hormone, la progestérone. Sous son influence, la muqueuse utérine s'épaissit en préparation d’une éventuelle grossesse. La progestérone complète et contrôle les effets des oestrogènes.

 Les oestrogènes : hormones féminines par excellence

  • Les estrogènes sont responsables du développement des organes féminins au moment de la puberté : utérus, seins et épaississement de la paroi du vagin. Ils agissent également sur le cerveau, participent à la consolidation des os, féminisent la voix et jouent un rôle important dans la qualité de la peau et des cheveux. Ils sont également responsables de la répartition du tissu adipeux (graisse) sur les hanches et les cuisses,
  • Oestrogènes et progestérone semblent fonctionner comme des vases communicants. Il suffit que l’une soit faible pour que l’autre soit prépondérante et réciproquement.
  • Au moins 9 fois sur 10, le déséquilibre penche vers un excès d'oestrogènes. Les cas restants, il s'agit d'un taux de progestérone bas (environ 5% des cas).
  • Les symptômes de dominance oestrogène sont : Envie de sucre, prise de poids, fatigue, dépression, migraine, crampes menstruelles, baisse de libido, humeur changeante, perte de cheveux, ballonnement, cycle court, des menstruations avec beaucoup de perte de sang,  fibrome et endométriose.

Les recherches d’Alisa Vitti

Les travaux d’Alisa Vitti m’ont vraiment aidé à changer ma perception de mon corps et des symptômes que je pouvais expérimenter. Les symptômes ne sont en fait qu’un message de notre corps nous avertissant d’un dysfonctionnement. Il est important d’être à l’écoute des signaux qu’il nous envoie. Alisa prône une approche plus responsable et pro-active face à la maladie. Et pour elle, cela passe premièrement par une meilleure connaissance de notre fonctionnement endocrinien. Une fois informé, nos symptômes deviennent alors des indicateurs pour nous mener aux causes racines des problèmes. On n’essaie pas seulement d’éradiquer le symptôme. Le problème se trouve plus loin et il nous faut remonter une cascade d’évènements pour éliminer durablement le symptôme.

 J’espère que son livre Woman Code sera un jour traduit en français et que son travail sera plus largement diffusé. Toutes les femmes devraient avoir accès à ces connaissances pour avoir la possibilité de fonctionner de manière optimale. Je ne vais pas rentrer dans les détails de son ouvrage mais pour résumer, elle a catégorisé 5 zones du système endocrinien :

  • Le groupe glycémie : pancréas et foie
  • Le groupe stress : axe-hypothalamo-pituitaire-adrénal
  • Le groupe métabolisme : thyroïde et para-thyroïde
  • Le groupe élimination : foie, gros intestin, système lymphatique, peau
  • Le groupe reproductif : axe hypothalamo-hypophysaire-ovarien

Du coup, à la lumière de ces 5 groupes, quand on parle de système reproductif, il nous faut considérer les choses à une plus grande échelle !Voici toutes les parties du corps qui soutiennent le système reproductif d’une manière ou d’une autre : Alisa les appelle les « lady parts » : Hypothalamus, glande pituitaire, thyroïde, foie, reins, pancréas, gros intestin, système lymphatique, adrénales, ovaires, trompes de fallope, petits intestins, utérus, vulve, vagin, clitoris, seins, vésicule biliaire.

Chaque groupe fonctionne en lien étroit avec les autres. Si l’un d’entre eux est en déséquilibre, cela va entraîner une cascade de dysfonctionnements dans les autres groupes telle une pile de dominos. C'est aussi pour cette raison que les symptômes diffèrent d'une femme à une autre, suivant les groupes qui dysfonctionnent.

Alisa a mis en place un protocole ultra efficace qui prend en considération chacun de ces groupes. Elle donne des outils concrets (applicables dans votre vie quotidienne) pour restaurer l'équilibre dans chaque zone. Elle décrit son approche en parlant de Cycle Syncing, c’est à dire une synchronisation de nos modes de vie sur notre cycle menstruel. Autrement dit, en fonction des modifications hormonales que nous subissons chaque mois, nous allons dans la mesure du possible mettre en place une différente alimentation, différents types d’activités physiques, différentes activités sociales dans le but de supporter ces modifications hormonales.

Cette synchronisation de votre vie par rapport à votre cycle menstruel sera justement l'objet du prochaine article. Je crois que sur toute cette série c'est l'article que je préfère car on en vient aux choses concrètes :-) C'est bien beau de connaître quelle hormone est impliquée pour telle phase de notre cycle encore faut il en faire quelque chose de cette information! Avec ce prochain article, nous allons accéder à un autre niveau de compréhension de notre cycle.